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7 septembre 2026 · 6 min de lecture

Quel process automatiser en premier ?

en bref

J'automatise en premier un process récurrent, stable dans son déroulé, pilotable par des règles claires et accessible via des outils ouvrables. Je fixe un seuil d'éligibilité : le process doit consommer au moins une journée-personne par semaine. En dessous, je documente et j'attends.

Comment savoir quel processus automatiser en priorité ?

On me pose souvent la question. La réponse tient en quatre critères. Je les applique dans l'ordre, et le premier qui échoue disqualifie le process. Pas de tableau de bord compliqué, pas de scoring pondéré. Une grille que je peux tenir de tête.

Avant de détailler, un point de méthode. Le plus grand risque n'est pas de choisir le mauvais process. C'est de commencer par un cas trop petit, d'obtenir un résultat décevant, et de conclure que l'automatisation ne marche pas pour vous. J'ai écrit ailleurs sur les projets IA qui restent bloqués au niveau 1, et ce mauvais départ en est une cause classique.

Quels sont les quatre critères de ma grille ?

Le process est-il récurrent ?

C'est le filtre le plus efficace. Un process qui revient chaque semaine ou chaque mois justifie l'investissement. Un process ponctuel, même pénible, ne le justifie presque jamais. Vous passez plus de temps à cadrer qu'à exécuter.

Le process est-il stable ?

Stable veut dire : les étapes se ressemblent d'une fois sur l'autre. Les entrées changent, le déroulé change peu. Si chaque itération est une nouvelle aventure, vous n'avez pas un process, vous avez un jugement humain déguisé en process. Automatisez d'abord la partie qui se répète, gardez le reste en manuel.

Le process est-il pilotable par des règles ?

Pouvez-vous décrire ce qui se passe à chaque étape, avec des conditions du type si ceci alors cela ? Si oui, c'est pilotable. Les modèles de langage ont élargi ce critère : ils gèrent maintenant des tâches autrefois jugées trop floues, comme qualifier un texte ou classer une demande. Mais il faut quand même pouvoir dire ce qu'est un bon résultat.

Les accès sont-ils ouvrables ?

Critère sous-estimé. Un process parfait sur le papier mais verrouillé derrière un outil fermé ou une politique d'accès rigide restera sur le papier. Je vérifie toujours, avant tout le reste, si je peux lire et écrire là où le process vit. Sinon, je passe au candidat suivant.

quatre critères, quatre questions, aucune ne demande d'outil pour y répondre

Quel seuil respecter avant de se lancer ?

Ma règle : une journée-personne par semaine. Si le process mobilise moins, je ne l'automatise pas encore. Je le documente, je note où ça coince, et je le laisse mûrir. Cette estimation est un ordre de grandeur issu de mon expérience, pas une loi. Elle sert surtout à résister à l'effet nouveauté : on veut automatiser la tâche qui nous agace, pas celle qui coûte cher.

L'inverse fonctionne aussi. Un process à cinq heures par semaine mais parfaitement éligible peut attendre si un autre en consomme trois jours. La grille classe, le seuil arbitre.

Quels exemples concrets passent cette grille ?

Voici les irritants que je croise le plus souvent dans mon métier, et qui cochent les quatre cases. Chacun fait l'objet d'un article détaillé.

Aucun de ces exemples n'est spectaculaire. C'est précisément le signe qu'ils sont bons : les meilleurs candidats sont ennuyeux.

Par où commencer concrètement ?

  1. Listez vos process candidats sans filtre, pendant une semaine, au fil des irritants.
  2. Passez chacun aux quatre critères : récurrent, stable, pilotable, accès ouvrables.
  3. Estimez le volume en journée-personne par semaine, large. Écartez tout ce qui passe sous le seuil.
  4. Choisissez le plus gros survivant, pas le plus séduisant.
  5. Cadrez une première version réduite : une entrée, une sortie, un test simple.
  6. Mesurez le temps rendu avant d'étendre. Puis recommencez la grille avec le suivant.

Si vous voulez voir ce que donne cette grille appliquée à vos process, c'est exactement ce que mesure mon diagnostic d'automatisation. Et si la question du budget vous bloque, j'ai détaillé ce que coûte l'automatisation d'un process avec l'IA.

Quand ne faut-il pas automatiser ?

Trois signaux me font renoncer, même devant un process qui coche toutes les cases. D'abord, un process en pleine redéfinition métier : automatisez après avoir simplifié, jamais avant. Ensuite, un volume sous le seuil : le coût de maintenance dépasse vite le gain. Enfin, une tâche dont la valeur vient justement du jugement humain, comme une négociation sensible ou un retour critique sur un livrable stratégique. Là, l'IA assiste, elle ne remplace pas.

Questions fréquentes

Comment identifier les tâches à automatiser quand on n'a pas le temps de les lister ?

Tenez un journal d'irritants pendant une semaine. Chaque fois qu'une tâche vous agace ou vous semble mécanique, notez-la en une ligne, avec une estimation grossière du temps passé. Au bout de sept jours, vous avez votre liste de candidats. C'est la méthode la moins coûteuse que je connaisse.

Faut-il commencer par le process le plus simple ou le plus chronophage ?

Par le plus chronophage parmi ceux qui passent la grille. Un process simple mais marginal produit un gain invisible, donc un projet sans défenseur. Un process lourd mais éligible crée un résultat visible qui finance la suite, au sens propre comme au figuré.

Le seuil d'une journée-personne par semaine s'applique-t-il aux petites équipes ?

Oui, en agrégeant. Dans une équipe de trois personnes, une journée-personne par semaine représente environ un dixième du temps total, ce qui reste raisonnable à détecter. En dessous, cumulez plusieurs petits process du même type plutôt que d'automatiser chacun isolément.

Peut-on automatiser un process qui dépend d'un outil propriétaire fermé ?

Souvent non, du moins pas proprement. Sans accès en lecture ou en écriture, il faut passer par des saisies manuelles ou des contournements fragiles. Mon conseil : vérifiez les accès en amont, et si le verrou est politique plutôt que technique, traitez d'abord cet obstacle.

On regarde un de vos process ensemble ?

Si vous voulez savoir lequel de vos process passe la grille en premier, parlons-en lors d'un appel de cadrage.

échanger sur votre process appel de cadrage · 20-30 min

l’appel de cadrage dure 20 à 30 minutes et n’engage à rien